17 juin 2007

Le clou rouillé

        Un jour que je m’amusais avec un petit camarade dans la cours derrière l’immeuble, une mésaventure arriva. Mon copain était gentil mais il aimait beaucoup m’agacer et était toujours prompte à me lancer des défis. Avec lui, j’étais passé par un trou du grillage qui clôturait la cour pour escalader la pente pleine d’orties qui menait aux voies ferrées. Il m’avait dit : « t’es pas cap (capable) d’aller voir les locomotives de près ». Heureusement, les orties et la forte pente avaient limités notre dangereuse escapade à quelques mètres après le grillage ! Cela avait suffit pour subir quelques morsures de ces maudits végétaux sur nos jambes. A l’époque, les enfants portaient souvent des culottes courtes, qui livraient leurs jambes nues aux écorchures et petits bobos de toutes sortes. Une autre fois, le défit avait été d’aller voir les trésors que contenait la baraque en planche du fond de la cour. L’édifice était vétuste, et nous avions découvert qu’une paroi possédait une planche vermoulue. Elle ne demandait qu’à se déclouer pour nous livrer le passage. Enfin, nous allions pénétrer dans « la grotte d’Ali Baba ». En fait, l’endroit poussiéreux ne contenait que des vieilleries et moult toiles d’araignée. Notre trésor était constitué d’une baguette en roseau, d’un vieux parapluie cassé et d’une grosse bouteille ventrue pouvant contenir plusieurs litres de liquide. Notre principal butin était la poussière qui nous recouvrait et les quelques écorchures, stigmates de notre aventure : l’explication de ma mise et de mes blessures avait été dur à fournir à ma mère ! Un autre jour, il me provoqua dans une compétition de claques. Au début, les tapes n’étaient pas fortes et les réactions de l’autre pour les éviter, nous faisaient rires à gorges déployées. Mon camarade ne voulait pas s’arrêter là, et il m’asséna une gifle qui fit rougir ma joue et me fit vraiment mal. Je le menaçais de lui envoyer mon poing dans la figure s’il faisait mine de continuer. Mon ultimatum fut accueillit par un « t’es pas cap… » qui déclencha ma riposte. Sa lèvre saignait et il repartit chez lui en pleurant. Le lendemain, il revint à la charge comme s’il ne s’était rien passé, et nous jouâmes de nouveaux ensembles. A quelques temps de là, un autre jeu se termina mal. Cette fois là, nous étions gagner par l’ennuie et aucune de mes suggestions de jeu ne trouvaient grâce à ces yeux. Il était nerveux et je sentais qu’il préparait un mauvais coup. Il s’était saisit de la baguette de roseau et entrepris de me poursuivre pour essayer de me frapper dans les jambes. Les morsures de la badine se faisaient cinglantes et provoquaient des marques rouges sur ma peau. Plus je criais pour l’arrêter et courrais, plus cela le faisait s’esclaffer et l’encourageait à continuer. Sous un appentis, il y avait un tas de vielles planche de bois et je m’en saisissait d’une. Je lui dis que s’il continuait, j’allais riposter avec ma planche. Le « t’es pas cap » habituel allait déclenché le coup sur ses jambes offertes à mon courroux. Malheureusement, la planche possédait un unique clou et il était rouillé. La pointe avait transpercé les chaires et le sang se mis à couler. Une fois ma mère prévenue, le gamin en pleur fut conduit chez le pharmacien, qui lui donna les soins nécessaires. La mère du chenapan avait été prévenue et pénétrait comme une furie dans l’échoppe. Ma mère la calma d’un « vous avez vu les marques sur les jambes de mon fils », qui lui fit passé l’envie d’être agressive. Nos deux mères, après une conversation courte et animée, décidèrent qu’il était préférable que les deux chenapans ne resteraient plus ensemble seul. J’avais été puni et, pour quelques jours, je n’étais plus autorisé à aller jouer dans la cour.

 Le sermon que m’avait infligé mon père et la peur des conséquences de mon acte m’avaient fait prendre conscience de me méfier des défis stupides.

Posté par 78 Hugo à 16:48 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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