17 juin 2007

L’accident

        Le soir, j’étais toujours fort impatient de voir mon père, et donc je guettais son arrivé par la fenêtre. La gare se situant de l’autre coté de la rue, il était aisé de voir les gens en sortir. Quelques fois, dès que je l’apercevais, je me précipitais dans les escaliers pour l’attendre sur le pas de la porte de l’immeuble. Dans ces occasions, je me faisais toujours un peu gronder car je n’étais pas autorisé à sortir. Les remontrances étaient de courte durée et sans réel sérieux. Il est vrai que l’avenue qui est située devant l’immeuble est fréquentée car elle est l’artère principale de la ville. Le trafique s’intensifiant avec le temps, bien des années plus tard elle fut mis à sens unique. Mes parents m’interdisaient formellement de traverser la dangereuse avenue. Pourtant, quand il fallut pour moi aller seul à l’école, je la traverserai deux fois par jour. Bienheureusement, il y avait un feu de signalisation devant l’immeuble et ma mère me faisait traverser le matin. A mon retour de l’école, je prenais toujours garde de traverser quand le feu était rouge : j’étais un petit garçon espiègle mais je suivait au mieux les règles imposées par mes parents. Ce fameux soir, j’étais à mon poste d’observation et dès que j’aperçus mon père, je fus pris d’une immense joie et je me précipitais dehors. Les marches de l’escalier furent descendus quatre à quatre, et une fois sur le trottoir, je vis que mon père entrait de nouveau dans la gare : peut être voulait-il acheter son journal au kiosque, ou bien une autre de ces bandes dessinées qui me faisait tant plaisir. Tout à mon excitation, j’avais jeté un regard rapide à l’avenue : elle semblait être déserte. Dans un élan, j’entrepris de la traverser en courant alors que, d’habitude, je ne le faisais jamais. La sanction fut immédiate : une voiture me percuta. Le véhicule ne roulait pas très vite, mais le choc fut tout de même violent. Je fus projeté à une dizaine de mètres. L’accident aurait pu avoir des conséquences dramatiques, mais voila, c’était mon jour de chance. L’atterrissage avait été rude, mais mon corps avait roulé sur les pavés : j’étais sonné mais je n’avais rien de cassé ! Mon père, qui venait de ressortir de la gare, s’était précipité vers le lien où j’étais. Le chauffard y était déjà. Le hasard fait que ce dernier était docteur et donc, il pris immédiatement soin de moi. Il me demandait où j’avais mal et, dans une demi torpeur, je répondis que j’avais mal à la tête et que j’avais sommeil. Sa décision fut rapidement prise, il dit à mon père qu’il allait nous conduire au cabinet d’un de ses confrères. Là bas, il pourrait m’examiner et me faire passer des radios. La mauvaise blague s’était conclut par une petite heure de demi conscience, quelques ecchymoses et une grosse frayeur. Les maux de tête ne furent plus qu’un mauvais souvenir après une bonne nuit de sommeil. Je restais quelques jours à la maison, puis retournait à l’école. Le protagoniste de l’accident vint prendre de mes nouvelles deux ou trois fois puis, rassurées, il disparu comme dans un mauvais rêve.

Personne n’avait pensé à m’amener à l’hôpital et la mésaventure aurait pu très mal se terminer ! Quoiqu’il en soit, tout revint dans l’ordre et la leçon devait porter ses fruits : dorénavant, je ferais attention en traversant…

Quand j’y repense, je me dis qu’un jeune enfant se comporte quelque fois en chat : il retombe sur ses pattes et a plus d’une vie !

Posté par 78 Hugo à 16:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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